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Gratuler le congre (F.E.R. n°1)

Après la ponte d’enfants (je coche, c’est fait), la plantation d’un arbre (je coche aussi),

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la preuve en image ©Bleufushia

il me restait encore à écrire un livre.
Je me lance aujourd’hui (pierre blanche) dans la rédaction d’une encyclopédie.
Ni plus, ni moins.
Comme je suis modeste dans mes ambitions, je ne m’avance pas à penser que la vie me laissera le temps de venir au terme de cette oeuvre que l’on imagine bien colossale, c’est pourquoi j’emploie le terme de « fragments ».
Et puis, F.E.R, ça indique malgré tout la solidité de l’entreprise, en la plaçant sous le haut patronage de Bourvil (« l’eau ferrugineuse, oui ! »), qui en vaut bien un autre.
En voici le premier article. Pour vous instructionner grave !
Non, non, ne me remerciez pas. Je suis un tantinet philanthrope, on ne se refait pas.

F.E.R. n°1

Gratuler le congre (congre, de la famille des congridés, of course)

Expression empruntée, à l’origine, au monde des pêcheurs.
Désigne l’acte de féliciter quelqu’un chaleureusement, au départ pour une pêche fournie.
Par extension, pour n’importe quoi.
La formule n’est pas assortie d’un quelconque grattement, ni sur soi-même, ni sur la personne de l’autre, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Attention, gratuler n’est pas gratter !
En revanche, il est de bon ton d’accompagner la phrase enthousiaste d’une tape amicale, plus ou moins virile selon qui la donne, le plus souvent sur l’épaule de la personne gratulée.
«Satisfait des bons résultats de son employé, il le fit venir pour lui gratuler le congre. » (Zola)
La félicitation pouvant être réciproque, certains ont cru bon d’aménager l’énoncé : « Les deux truands s’intergratulèrent le congre après l’élimination définitive du Grand Paulo » (Vialatte / Proust).
Peut également s’employer comme un verbe pronominal. « Tiens, aujourd’hui, j’ai bien travaillé, je me gratulerais volontiers le congre » (Hugo)
Certains disent même (fam.) : « je m’en gratule le congre ».

Variante marseillaise : gratuler le con.
Quoique plus populaire, l’expression gagne en efficacité. Ainsi, au pointeur émérite d’une doublette formée (pétanque), son partenaire tireur pourra aisément dire :
« Té, Marcel, t’as pointé comme un chef. Grâce à toi, il va devoir embrasser Fanny. Dans mes bras, que je te gratule le con, con ! »

faire-fanny
NB Rubrique : chez Lili, vous n’arrêtez pas de vous instruire !
Dans le jeu des pieds tanqués – la pétanque, voyons – faire Fanny, c’est aller lui embrasser le tafanari – le popotin, si vous préférez – comme gage quand vous n’avez pas marqué un seul point. Seule ombre au tableau (parce que ça pourrait être plutôt agréable !), c’est seulement, justement, un dessin sur un panneau de bois.
Et l’expression « faire capot », à la belote, viendrait aussi du provençal « baiser le cul », conçu comme une humiliation suprême.

Vous voyez où le congre nous mène !

©Bleufushia

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