bleu fushia

always blue

Je crois que ça empire (du milieu)

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Tiré d’une compilation sur des lieux mystérieux et abandonnés

Aujourd’hui, ça a commencé comme ça. Bien, quoi. Du total feel good.

De quoi me faire oublier qu’il y a toujours un envers à la tartine, un revers à la médaille, et un foutu petit germe de noir dans le blanc.

Réveillée à 5h55 (ouvrir les yeux sur une heure triple, ça me file toujours un frisson de satisfaction fauve), je suis sortie à la fraîche planter un plumbago, « sans même choper un lumbago », sifflotais-je pour me donner du cœur à l’ouvrage.

J’avais demandé instamment à Saturne de me foutre une paix royale. Souhait qu’il a eu l’élégance de respecter. Mais peut-être, tout simplement, qu’il pionçait encore. Saturne… à cause des propriétés du plumbago, dont je me fiche cependant, parce qu’il ne m’évoque en vrai rien d’autre que l’enfance, quand j’arrachais au passage ses fleurs, dont je mâchonnais la base.

Méga détendue de la fin de quarantaine, en somme.

Même si je ne suis plus de toute première jeunesse (malgré ma tendance aux blagues carambar, ou peut-être, à cause…).

J’ai enchaîné avec ce que j’appelle (depuis que j’ai adopté cette expression de mon magazine préféré) « la revanche du petit déj’ frenchy ». Ça donne un certain panache à la tartine, j’aime bien.

Le tout en feuilletant distraitement les vrais zoos sociaux, d’un côté, et en même temps, le fameux magazine. Faut pas croire, je suis vieille, mais encore agile de ma petite personne.

Que du bonheur !

Mon œil droit se réjouissait du courrier perso de la face du bouc, me rappelant que j’ai acquis il y a un an le badge « moteur de conversation », et que je mérite de le conserver, tant je suis « douée pour créer des publications qui intéressent les gens ». De l’autre, je parcourais avec nonchalance ce journal qui me donne toujours à penser philosophiquement profond, glanant des pépites de ci de là, à garder au chaud pour y penser plus tard :

– « je suis le bougeoir immobile » (ils aiment bien les oppositions plus ou moins oxymoresques – tiens, ce soir, je pourrais peut-être me jeter ma première petite mauresque –  pas oxydée – de la saison, pour clôturer une si belle journée…)

– « ici n’est plus ici » (je préfère passer pour l’instant, ça m’entraînerait trop loin)

– « l’invention de cette montre qui est une véritable icône horlogère, de la plus parfaite intemporalité »…

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A ce stade, j’ai commencé à trouver qu’il est bon que l’on bouleverse mes repères, mais que, quand même, il serait bon de ne pas passer les limites. L’intemporalité de la montre iconique, vous conviendrez que c’est un poil du lourd pour l’estomac, direct au p’tit déj’.

Dernières news

J’ai changé de crèmerie, ai courageusement plongé dans les dernières infos du covid, que je zappe depuis plusieurs jours, et suis tombée, entre autres, sur un article lié à maintenant (je ne VEUX pas savoir si maintenant est ou n’est pas maintenant, OK? en fait, ça parlait de hier, en plus !).

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Quelque part en Indonésie, les autorités ont déployé 340 000 militaires pour appliquer de nouvelles sanctions contre ceux qui violent les règles de distanciation sociale ou ne portent pas de masque.

Deux versions punitives : certains sont isolés dans une maison « hantée » et contraints à réciter des versets du coran, pendant que les autres doivent porter un panneau sur lequel ils affirment qu’ils s’engagent à porter un masque et garder leurs distances à l’avenir.

L’article disait que, dans les deux cas, les photos des «hors la loi» étaient ensuite publiées sur les réseaux sociaux pour obtenir un effet maximum (ça, ça m’a rappelé un sale souvenir de l’école primaire, cette « punition » imaginée par une instit sadique qui accrochait au cou des coupables –  de se ronger les ongles –  un os suspendu à une grosse corde-collier », avec lequel on devait tourner autour de la cour pendant toute la récré, soumis aux regards méprisants des autres. Je faisais partie, cette année-là, des réprimandées).

Sur le coup, j’ai lu ça sans trop y faire attention, juste en chassant le souvenir au plus vite, et je suis passée au post tout frais tout neuf de ma belle-fille.

L’image (comme me disait le rézoo avant de l’afficher) comprenait une femme et une fillette en maillot dans une piscine.

Ma belle-fille est asiatique, et elle se sert du réseau pour communiquer avec sa famille d’origine. Comme je n’ai pas appris sa langue, mais qu’elle et sa charmante enfant m’intéressent, je lis toujours ses posts de près, ainsi que les réponses de sa famille.

Plus ou moins aidée en cela par le traducteur bing, à qui il arrive cependant, parfois, d’être d’une obscure clarté.

[Je vous avais d’ailleurs sollicités, il y a deux ans, peut-être vous en souvient-il – voir le lien en fin d’article, si ça vous chante -, pour me prêter main forte sur l’interprétation de certains points étranges].

Dès que j’ai plongé dans la lecture, aujourd’hui, j’ai commencé à partir en vrille grave. Finis d’un coup, le blanc immaculé de la sérénité, l’harmonie sacrée du 5-5-5, les vertus curatives des plantes médicinales…

Fertig ! Raus !

Parce qu’on est en guerre, à ce qu’il paraît, même si on l’est moins que quand on l’était plus, et tout ce que je lis ressemble à des codes secrets comme deux gouttes d’eau, on n’apprend pas à une vieille singesse à faire des grimaces, je vous le dis, je repère la moindre contrefaçon entourloupante de mots, à la minute.

Franchement, je me demande de plus en plus ce qu’elle trame, dans sa piscine, avec son air adorablement innocent, avec ma petite-fille dans les bras, en plus !

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la dernière mode, selon mon magazine préféré

Dans quelle conspiration elle s’est fourrée ?

Je ne sais pas si nos vies sont en danger (même si, je le sais, il n’y a jamais de risque zéro, mais ce n’est pas de ça que je vous parle, nom de diou!), mais si je venais à disparaître, ne croyez pas sur parole ce qu’on racontera sur moi. S’il vous plaît !

LE FOND DE L’AFFAIRE

Je vous recopie ce que j’ai noté, j’ai un peu de mal, mes doigts glissent sur le clavier.

X. (un interlocuteur qui varie, mais pas toujours) : «  l’eau est à combien ? »,

A. (ma belle-fille) : «  il faut regarder la photo à l’air frais, la maison aligne le tapis pour qu’il pisse dans la conversation. »

X.  « Mais combien ? », insiste l’autre.

A. « Il est encore engourdi, horizontal et désolé, je travaille comme pilule avec ma sœur auto-fabriquée, et toute la famille est tellement purée ».

Là, je fais quand même partie de la famille, je sursaute, ça me fait un peu mal de lire ça comme ça. Mais, finaude, je pense tout de suite à « les carottes sont cuites, je répète, les carottes sont cuites » (la purée, quoi, vous saisissez l’allusion ?).
Nous sommes en guerre, je ne l’oublie pas.

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le ti shirt que j’ai acheté au moment du discours de micron

J’ai continué à suivre la conversation, comme si de rien n’était, pour en avoir le cœur net.

X : « c’est un peu chaud, non ?» (il parle de la purée ou de l’eau ?)

A. «  Non, la maison a 16 dents et le visage est une tendance de luxe. Apportez ma voix au travail pour moi ».

X. «  Ah ! » (l’air entendu, j’imagine).

A. « C’est difficile d’éviter la traduction à la maison, quand je suis à court de traduction, je dois manger un peu pour en valoir la peine, et si la traduction est épuisée, il y a un vaccin. Pour ne pas parler comme un canard écoutant le tonnerre ».

Pas de réponse…

A. (elle reprend) « J’adore le kit sec ji. Quel à l’envers ! Oui, quel à l’envers !»

X. «  Oh, elle est mignonne ! » (il parle de ma petite-fille pour faire diversion, là, non?)

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idem

A. «  J’ai juste une semaine pour le jeter au parapluie, pour le jeter à grand-mère. Je ne peux pas voir ma mère grandir toute morte ».

Là, j’interviens direct, la grand-mère, c’est quand même moi, et je ne veux pas qu’on me jette n’importe quoi.

Je me lance, en posant une question directe à A., ce qui me semble la meilleure stratégie : « c’est quoi cette histoire de parapluie, je peux savoir ? Tu veux peut-être dire parasol ?»

A. (très calme) : « si on me pose des questions sur le parapluie, je ne réponds pas. Je peux juste dire qu’il suffit de retourner au parapluie pour qu’il puisse balancer le parapluie

Moi : « euh? »

A. « Oh mon dieu, je vais revenir un jour avec le parapluie intérieur, après avoir sauté sur mon coeur »

Moi (un peu dépassée, j’y entends comme un soupçon de menace) : « mais faut peut-être pas le prendre comme ça non plus ! »
A. « L’eau est à 20 degrés, et je le redis, je vais donner naissance.
A 1,2 fille, rappelez-vous »

1, 2 !!!

Là, je me suis déconnectée aussi sec  (kit sec ji ?) de fb, et depuis, je n’ose plus y retourner.

Je réfléchis à l’absurdité de A.

Parler de parapluie dans une piscine en plein soleil, vouloir avaler des parapluies (dans une région où sévit la sécheresse), elle veut faire croire ça à qui ? Et puis lutter contre l’épuisement par un vaccin pour les canards (« canard » n’évoquerait pas en douce le pangolin ? et l’orage dont il est question, ça ne serait pas le nom d’une mission secrète, par hasard ?).

La maison à 16 dents avec des tapis qui compissent la conversation, ça ne fait pas terriblement maison « hantée » ?
Je crois de plus en plus qu’elle appartient à un gang qui utilise le parapluie pour se dissimuler et pour ne pas être reconnus sur les réseaux sociaux s’ils sont démasqués, ou pour disparaître si la situation se corse (en avalant son parapluie comme on se kamikase, en quelque sorte).

Et ce mystérieux « je vais donner naissance à 1,2 fille » ? Un mot de passe pour le déclenchement d’une opération de grande envergure, je ne vois que ça.

Je ne sais pas quoi faire. Et ma petite-fille, dans cette histoire, est-elle en danger ?

Dans le bougeoir, je préfère l’immobile, pour l’instant. J’en suis là.

Je crois que je relève des services de machin (j’ai noté un message hier, dans le commentaire d’un autre post : « j’ai mes mots de tête qui reviennent. Il faut que j’aille voir machin pour me soigner. Il a ce dont. »

Ce soir, si j’ai le courage, à la nuit noire, j’irai voir la suite. Je ne parviendrai pas à dormir, c’est évident. Il faut que j’en sache plus, si possible.

Je prends mon livre, en attendant. J’y lis « dehors, il fait septembre, c’est-à-dire presque rien »*.

C’est ça, il fait 28 degrés, j’ai la chair de poule version canard. Tiens, je vais me mettre une petite laine.

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comme un froid de canard avant l’orage, tout droit venu de l’enfance

©bleufushia

NB. Je n’ai pas transformé une seule phrase de la version du surréaliste correcteur bing. Je n’ai pas l’ombre d’une idée de ce que raconte A. Vous pouvez m’aider ?

Pour relire l’article précédent
https://bleufushia.wordpress.com/2018/09/13/il-est-ne-le-divin-enfant/

*Sorj Chalandon

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