bleu fushia

always blue

2018, année des cuites

2 Commentaires

le capitaine du platane (collage ©Bleufushia)

2017 est fini.
Je vous fais grâce du bilan de l’année – autant en général qu’en ce qui concerne ma petite personne – sauf celui-ci : en trois ans et demi d’existence, et bien que ma production d’écrits y soit un poil molle et fort sporadique, mon blog affiche aujourd’hui  13 505 vues…  

J’en suis proprement épatée (de foie, bien sûr) et fort réjouie.

Franchement, jamais je n’aurais pensé arriver à un tel résultat. Ce n’est pas la gloire interplanétaire, j’en conviens, mais c’est chouette quand même que certains, de temps à autre,  partagent mes élucubrations. Ça réchauffe mon petit cœur.

Merci donc de vos passages ici.

Mais à propos de foie, laissez-moi aujourd’hui évoquer mes humeurs à l’orée de 2018.

Mais de quoi qu’elle cause encore ?
En fait, je cherchais une rime à 2018, et il ne me venait qu’inconduite (ce qui plaisait à mon esprit rebelle).
Puis, je suis tombée sur « pituite ».

Chabouté / Charlélie Couture

Et 2018 sera donc l’année de la pituite (enfin, pituite bien qu’oui, pituite bien qu’non !).

La pituite (huit à huit et demi maximum) nous ramène à Hippocrate et à son Corpus Hippocratique, base de la médecine antique.
Il s’agit d’une théorie – dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce jour – mêlant rapport de l’homme aux quatre éléments  et classification des différentes constitutions physiques et tempéraments.
Un bidule explicatif style médecine chinoise, mais en grec !

Il a classé les hommes en quatre « humeurs » : colérique, atrabilaire, sanguin et flegmatique.

Chacune correspond à une saison, un élément, une partie du corps (foie, rate, cerveau, cœur), un fluide (bile rouge – ou sang -, bile noire, bile jaune, lymphe), une expression (colère, mélancolie, gaité, calme), quatre duos mélangeant chaud/froid/sec/humide , quatre moments de la journée et de la vie et j’en passe…
On est plus l’un que l’autre, on a en nous des combinaisons différentes selon les moments, mais le truc, c’est que si l’une de ces humeurs domine, on tombe malade, et notre humeur en est affectée autant que notre santé (un yin yang à quatre boules, en somme).
Il faut être comme « l’agitator » des temps anciens, le cocher expérimenté qui avait l’art de mener de front les chars de course tirés par quatre chevaux, pour pouvoir gagner (ça me va bien, l’agitator, j’adore !).

Théorie des humeurs

Y a des préconisations sympas (traitements, régimes, etc.) pour que notre « humeur ne saute pas », et qu’on atteigne l’état d’équilibre, qu’il appelle « crase ».
Moi, perso, depuis que je me soigne (saignées régulières, par exemple), je suis total crazy !
Vous devriez en faire autant !

Je vous la fais courte (bien que je m’y sois promenée un grand moment, trouvant ça totalement passionnant, autant la théorie en question, que toutes les références qui y ont été faites dans l’art au moment de la renaissance et au-delà : Vinci, Dürer, Baudelaire… j’ai pas le temps, j’ai un réveillon zà préparer oyé).

On vient de sortir de l’automne, le règne du spleen (le nom de la rate en grec !) et de la mauvaise humeur.
On rentre maintenant dans l’hiver, saison des flegmatiques, et place à la pituite qui nous mène par le bout du nez, qu’elle remplit occasionnellement de phlegme (on aime moins, en général)… froideur, stagnation de la lymphe, apathie, absence de « coction d’humeur », mais aussi vitalité en gestation.

Pour se maintenir en forme en hiver, d’autant plus quand on est une antiquité (comme, hélas, je le suis – les vieillards sont naturellement plus flegmatiques que l’enfant qui vient de naître), je vous donne en mille le remède d’Hippocrate, qui conseillait… le picrate, rouge de préférence (euréka, à lire cela, j’ai enfin pigé l’histoire du sarment d’Hippocrate).

ptits bateaux

Embarquement (©Bleufushia)

Buvons donc, les amis ! Pour notre santé, pour celle du monde ! Puisque c’est la faculté qui nous y engage (les producteurs de Bordeaux vont ramener leur fraise vite fait en disant qu’en effet, ils sont éminemment bénéfiques à la santé).
Enivrons-nous !

« Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. » (Baudelaire, Les petits poèmes en prose)

Soyons crazy !

Agitons-nous, mais avec grand flegme, pour éviter le phlegme ravageur !

Et en attendant, bon bout d’an, comme on dit par chez moi.
Ate logo !

©Bleufushia

bleue

 

2 réflexions sur “2018, année des cuites

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s