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LE PATAQUES DE LA CENTENAIRE

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Beth Moon – ancient trees : supapanda

[Plus de deux mois que je ne suis pas venue sur ce blog, avec plusieurs circonstances atténuantes : d’abord l’angoisse de la page blanche, que vous comprendrez quand vous aurez repéré que cet article est en quelque sorte « historique » – et cet enjeu faisait peser un sacré poids sur mes frêles épaules -, mais aussi ces moments où la vie déconne à plein tube, un truc se délitant pendant qu’un autre se désagrège, et qu’il faut s’occuper de la corvée qui, du machin que, de un tel et d’un autre, et puis le burn out qui n’en finit pas de vous casser les burnes que vous n’avez pas, en vous faisant cuire la rate au court-bouillon sans débander contre le monde entier, et plus particulièrement contre l’université libérale de mes deux- vous remarquerez que j’ai le vocabulaire conséquent – bref, l’énergie en berne, les mots englués dans la fatigue, l’encre qui sèche, la tête qui voyage ailleurs, de bribes en fragments, sans jamais se poser vraiment, et voilà… Mais peut-être, vous dites-vous, que voilà enfin ze retour de Lili Ze Prof – aujourd’hui, en vrai, dans un autre rôle.
En fait, j’en profite pour vous annoncer que Lili Ze Prof ne reviendra pas, parce qu’elle va convoler en juste retraite pas plus tard que quasiment tout de suite. Il était temps, elle était au bord de l’usage de la kalashnikov face à l’institution qui l’employait…

Bon, je vous laisse, faut que je vous raconte des trucs !]

Jusqu’il y a peu, je croyais qu’un pataquès désignait une réaction théâtralisée un poil too much. Celui qui en fait tout un pataquès fait monter la sauce, faisant une histoire démesurée pour rien (ou pour des caisses à pâtes, ha ha, ha ha, ha ha, la contrepèterie de la mort qui tue !).
Je pensais même, naïve, parce que je ne l’avais toujours rencontré que sous cette forme, que c’était une variante de « en faire tout un fromage » et que, finalement, si ça se trouve, le pataquès était une sorte de fromage, sans doute d’origine obscurément espagnole.
Jusqu’à ce que je tombe dans un roman sur une utilisation de pataquès qui m’a défrisée d’un coup.
J’étais à cent lieues de la réalité !
En fait, à l’origine du mot, une anecdote que tout le monde cite, tout en disant qu’elle est certainement fausse (alors, je m’en voudrais de vous la raconter ! J’oeuvre pour la science, moi, qu’on se le dise!)  : un pataquès, c’est, en fait, une liaison mal-t-à propos, Genre « regarde-moi entre quatre-z-yeux » ! Voire, par dérivation, une coquille dans un texte imprimé.

Du coup, je me contrôle un max pour vous annoncer la chose suivante :
Je vous le donne en cent , sans façon, et ce n’est pas une blague à cent balles :
J’EN SUIS AU CENTIÈME BILLET DE MON BLOG ! (vi, vi, vous avez bien lu)
JE N’AURAIS PAS PARIE UN KOPECK QUE JE SERAIS CAPABLE D’ECRIRE CENT TARTICLES.

Les cent cents
Alors, si t’as écrit cent zarticles, ça y est, t’es centenaire, Lili ? me demande le fils d’une copine.
Ah, le fourbe ! Viens là que je t’attrape, toi !
Comme ce petit a du sang de navet dans les veines, il ne fait pas les cent pas devant moi, non, en réalité il décampe comme un pet sur une toile cirée. Fiouuup, plus là !

[ Tiens, ça me rappelle une histoire de mes gamins. Leur père avait acheté un jour, en en faisant tout un plat (mais pas un pataquès) une tisane dite « des centenaires », une recette mixant plusieurs plantes censées vous amener à une longévité presque sans fin. Le jour où il a préparé son premier bol, les enfants sont restés à le regarder boire, avec une attention presque insoutenable, sans un mot.
Puis, après un lourd silence, l’un des deux a exprimé sa profonde déception : il s’attendait à ce que son père, à la fin de la tasse, ait 100 ans, d’un seul coup. Et le paternel était tout pareil que cinq minutes auparavant… vraiment TROP nulle, la tisane !]

grey silky beth moon

Beth Moon : grey silky (hi hi hi)

Pour rattraper la bévue de son fils, la copine me dit, ‘achement au courant :
En fait, t’as en cake sorte écrit 100 nuances de blue…

A propos de nuances – que je dis à ma copine qui fait sa finaude, et parce que j’ai encore le sang qui bout dans les veines – en musique, tu connais le thon et le demi-thon ?
[NB. Vous vous souvenez que, à la ville, je suis Lili Ze Prof de Muzic et que c’est Pélagie qui écrivait ça comme ça, en une sorte de pataquès marin – si vous avez un trou, je vous encourage à retourner visiter la sombre histoire de Pélagie et du bras disparu*].
Et tu connais aussi le comma, que je continue ?
(à ne pas confondre avec le coma ! avec deux aime, c’est un intervalle d’un 9ème de ton, qui permet au demi-ton chromatique d’être un poil plus grand que son pote le demi-ton diatonique, et de se la jouer un tantinet : ils auraient pu inventer le demi-comma et couper la poire en deux, mais non, c’est 5 et 4!)
Est-ce que tu savais que l’oreille humaine est capable de percevoir des différences encore plus petites entre les sons ?
Et comment ça s’appelle, hein ? Je te le donne en mille, la plus petite différence audible c’est le « cent ».
Il y a cent cents dans un demi-ton. Et en plus, on peut les percevoir, comme quoi, quand même, l’homme est bien la plus grande conquête du cheval.
Ça force le respect, non ?

Quoi ? Si c’est le centième d’un demi-ton diatonique ou chromatique ? Si on dit un hécacent ? Un hectocent ? Une are ou un hectare de cents ?
Je te demande, moi, si le sang impur, c’est le contraire du pur-sang ?

La tentation des listes

Son fils repasse dans mon champ de vision, avec un air un tantinet impertinent !
Si je n’étais pas dans la gloire de la centenaire en majesté, je lui ferais bien le coup de l’apocoloquintose (c’est-à-dire, abracadabra, de la bête citrouillification, mais le nom est trop chou pour que je fasse l’impasse de l’employer !).
Mais non, je suis grande et magnifique… Je vais garder mon sang froid (il faut que le sang soit chaud ou qu’il soit froid, qu’on se le dise, et moi, je fais plutôt dans l’ectotherme, d’ordinaire).
Tu ne parviendras pas à me mettre en colère, petit sacripan. Tu ne veux pas cent balles et un Mars non plus ?

Tiens, vous vous souvenez du « t’as pas cent balles » ? J’imagine celui qui mendierait cent euros aujourd’hui (ou zeuros, au choix !). Non, maintenant, on demande, avec une faute de français systématique qui est dans l’air du temps : « vous auriez pas un euro à dépanner ? »
Moi, je suis assez basique, chaque fois que j’entends ça, je commence à me faire des films :  l’euro en panne, quel genre de panne, quels outils, et j’en passe ?

[Bon, faites excuse, je sens que cet article part dans toutes les directions, ça dérape, ça valdingue, le sang de la vigne que j’ai consommé pour m’auto-féliciter me monte à la tête, je n’importe nawake, je digressionne, et l’article se la joue buissonnier, comme l’école du même nom.
Je vais tenter de me reprendre !
Promis]

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hécatohedron

En réalité, à cause de mes cent zarticles, je me suis intéressée aux choses qui vont par cent (je me la pète thématique, moi !). Alors, il y a :
*les 100 lettres d’un jeu classique de scrabble
*les 100 cases d’un jeu de dames
*les 100 ans auxquelles parvient un éléphant si personne ne l’assassine
*le centipeda (étrangement appelé mille-pattes, par un qui s’est embrouillé dans les zéros)
*l’hécatoèdre, un truc de ouf (un solide à 100 faces dont je renonce à comprendre comment il peut avoir 150 arêtes et 52 sommets : j’ai toujours été une quiche en géométrie dans l’espace)
*l’hécatombe, terme généralement employé par les journalistes à partir de 4 morts
*les cent meilleurs livres de tous les temps (le choix, parfois, m’interroge) ou ceux du siècle
*les cent ans de solitude
*l’autre** avec « quelques uns de (ses) cent regrets »
*Argos, le prince aux cent (z)yeux, qui vont se retrouver, sale blague, sur la queue d’un paon
*le père Cent, celui qu’on enterre avant le bac (vous avez fait ça, vous ? moi oui, dans une vie presque antérieure)
*être aux cent coups (pas faire les 400 coups, non, être – pourquoi 400, d’ailleurs ?)
A ce stade, vous devez être d’accord à cent pour cent que j’arrête ma liste.

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Echiquier (Ange Bertalan)

Je ne résiste pas, cependant, à vous parler de deux derniers trucs.

Survivre n’est pas vivre

En fait, l’histoire de la manche et des 100 balles, ça a un petit lien (ok, il est petit) avec un truc génial que j’ai découvert : le survivalisme, vous connaissez ?
Si vous ne connaissez pas, c’est que vous n’êtes pas du genre bileux. Le survivalisme*** s’intéresse aux techniques pour survivre en cas de catastrophe.
Si vous ne savez pas vous y prendre, on vous dispense des conseils. Ça va de la technique du crochetage (pas du crochet, hein !), au choix des chaussures, des conseils d’un tireur d’élite à la technique pour sécher la viande, et j’en passe… Il y a plein de sites sur le sujet, et pas qu’un seul pékin qui se prépare au pire, apparemment. Depuis que j’ai visité le site, je croise des gens dans la rue et j’essaie d’évaluer s’ils sont survivalistes ou non. Ça m’occupe en attendant la retraite.

Parmi les choses qui valent leur quintal de cacahouètes, il y a la liste des « cent premières choses qui disparaissent en cas de crise grave », l’idée étant, bien évidemment, qu’il faut les stocker chez soi en attendant le pire. La question du comment et où stocker est évacuée, mais, avec mes quelques exemples, vous allez voir que ce n’est pas vraiment un problème.
Vous ne serez pas étonnés de trouver en 7ème position les « armes, munitions, gaz, lacrymogènes, couteaux, clubs, battes et lance-pierres », un peu plus loin « les grands chiens », et à la fin : « les chèvres et les poulets ».
Ok, d’accord, je concède que le survivaliste ne vit pas sans doute pas en HLM.

Mais il y a aussi un forum, où s’échangent des conseils, comme celui-ci, que je n’ai pas encore essayé :
« Le wisky est très bon pour les pieds, ça empêche d’avoir mal quand on marche beaucoup, il faut en mettre sur les chaussettes ».
J’y aurais pas pensé, franchement.
Un autre ne s’embête pas avec le transport de la cave nécessaire à la santé de ses petons, il fait partie des optimistes qui ne se compliquent pas inutilement la vie.
 » Je crois que les corbeaux peuvent apporter à manger à un homme. Pour ça, je prierai Jésus-Christ, et aussi St Joseph et Ste Marie. »
Je ne m’en fait pas pour lui, tiens.

Cent titres

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Clémentine Mélois


Pour finir ce tour d’horizon désordonné, je m’en voudrais de ne pas vous parler des Cent titres de Clémentine Mélois.

Elle a reconstitué des couvertures de romans célèbres, aux titres légèrement modifiés, comme
Hyper au point, d’Hervé Bazin (flou comme il se doit)
Père et Gay, de Tolstoï
Maudit Bic, d’Herman Melville (avec des griffonnages)
Vol de nuit, de St Exaspéré (avec un moustique sur la couverture)
Ravage against the machine, de Barjavel

Ou encore Le crépuscule des idoles des jeunes…

Allez-y voir, c’est vraiment drôle

Bon, les gens, je vous laisse, je m’en vais souffler mes cent bougies !
Que c’est chouette d’avoir cent ans.

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©Bleufushia

*Pélagie et les poissons
https://bleufushia.wordpress.com/2015/01/23/songe-dune-nuit-dhiver-20/
**Philippe Claudel
***labibledusurvivalisme.com

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2 réflexions sur “LE PATAQUES DE LA CENTENAIRE

  1. Ha ha ha ! très drôle et assez virtuose !
    100 bravos

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