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Tong(tre)pèterie (F.E.R.n°5)

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provenance web

tongs peu flatulentes (web)

En préambule
Un lecteur attentif des Fragments Encyclopédiques Raisonnés – qu’il en soit ici remercié – nous a signalé, à propos de notre article sur Gratuler le congre (F.E.R. n°1), qu’il ne fallait pas confondre Gratuler le congre et flatuler de la tongue (ou de la tong).
Loin de nous l’idée de travailler uniquement sur des sujets volant un peu bas, mais cette réponse nous a quelque peu titillé le bulbe.
Elle a également fait travailler du bonnet (B, je pense) notre assistante zélée – à notre demande.

Elle a mis sur pied (nu) une cellule principale de recherche sur ce phénomène, divisée en deux sous-cellules.

La première sous-cellule a exploré la piste musicale : en effet, dans la lignée de quelques grands artistes tel le célèbre Pétomane de l’Estaque (connu aussi sous le nom de Zi Estac’ Flatulist, spécialiste de la Flatterzunge du postérieur), il n’était pas impossible que des émules, ne parvenant pas à l’imiter – son art était immense, et il travaillait sans playback -, aient créé la variante du pet de la tongue – ou tong – (éventuellement le soir au fond des bois, mais pas que). Un accessoire, ça peut aider. D’autant plus quand il est modeste et à la portée de toutes les bourses.
Malheureusement, cette piste a fait flop, car nous n’avons pas réussi à dénicher la moindre petite affiche de concert. Pas de trace sur le net, non plus. Le fait qu’un pet, d’où qu’il provienne, ne soit pas à proprement parler « net », expliquerait peut-être cela.

Joseph Pujol, le Pétomane de l'Estaque (quartier de Marseille)

Joseph Pujol, le Pétomane de l’Estaque (quartier de Marseille)

Seul un certain M.Méthane aurait tenté une pâle copie des exploits de notre Pétomane à nous (en tant qu’habitant de l’Estaque-plage, nous revendiquons haut et fort cet artiste qui a su allier à une gloire locale une renommée internationale). Mais il a voulu méthaner plus haut que son heum, et a dû bien vite arrêter, après s’être présenté, sans succès, à Eurovision.

La seconde sous-cellule a suivi des hypothèses médicales, en lançant un appel à la population. Plusieurs personnes se sont présentées, et nous avons fini par identifier et nommer deux types de phénomènes voisins, qui ne sont pas totalement des affections, d’ailleurs (ni des infections) :
– la Tongpèterie (que l’on trouve aussi sous le nom de Tongtrepèterie)
– la Tongpétance (ainsi que son contraire, l’Intongpétance).
Nous allons y consacrer deux articles distincts des F.E.R., car, si ces affections peuvent être considérées comme connexes, elles n’en demeurent pas moins singulières et distinctes.

F.E.R. n°5

Tong(tre)pèterie, n.f., de tong (ou tongue, quoi qu’il en soit d’origine inconnue) et de pèterie (du Maya yucatèque, piitô)
(n’hésitez pas à consulter l’article connexe, à venir : F.E.R.n°6 – la Tongpétance)

On trouve des tongs depuis l’antiquité, pas forcément sous ce nom-là, qui est récent. La tong est une chaussure caractérisée par la présence de beaucoup de vide. Là où il y a du vide, il y a de l’air, et l’air compressé par un pied inattentif a tendance à exprimer une plainte, qui ressemble à un vent, autant dire à une flatulence furtive. Mais pour être furtive, elle n’en est pas moins constante.
Des études sont en cours, au demeurant, pour déterminer si, comme avec les vaches, il y a une incidence de ces pets sur l’effet de serre.

La sculpture du chinois Che Wenling illustre bien la nocivité et le danger du pet d'une vache

La sculpture du chinois Chen Wenling illustre bien la nocivité et le danger du pet d’une vache

Mais revenons à nos tongues.
Les pharaons déambulaient pieds-nus, mais il est bien connu que, lorsqu’ils avaient de la visite, ils portaient des chipchip (n.m. pluriel invariable : on dira des chipchip, et non pas des chipchips, pour des raisons évidentes, la chips n’ayant pas encore été inventée), les découvreurs du Québec des gougounes (n.f., bien sûr), quant aux Tchadiens (vous me direz, pourquoi le Tchad ? mais j’aimerais bien, à titre personnel, que vous ne m’embrouilliez pas avec vos questions oiseuses… parce que le Tchad ! ça vous va ?), ils se chaussent de papa (attention, faux ami ! la papa est un nom féminin, invariable, et n’a pas de progéniture connue). Les papa vont généralement par deux, sauf pour les unijambistes. N’en déduisez rien de plus sur la théorie du genre, je vous prie. Chez nous, on appelle ça des claquettes, c’est plus simple.
Ce ne sont là que quelques exemples parmi une multitude d’autres.
Vous remarquerez, si vous êtes un peu déductifs – ce dont nous ne doutons nullement – que les tongs sont des chaussures bruyantes : qu’elles fassent chip chip, clac clac, goun goun, pa pa, on les entend, ça ne fait pas un pet, comme on dit.
Vous remarquerez également que chacune est une contrepèterie parfaite.
Vous connaissez certainement ce jeu : par exemple pour « le commandant Cousteau », « tout commença dans l’eau », ou pour « Albert Einstein », « rien n’est établi ».
Dans le cas qui nous concerne, prenons-en pour exemple chip chip chip chip !
Quelle merveille !
Et voilà, il n’en fallait pas plus pour que la flatulence de la tongue devienne tong(tre)pèterie, beaucoup plus aisée à prononcer.
En réalité, la tong(tre)pèterie se présente comme une espèce d’auto-anagramme réflexive et décontractée (se pratique en vacances, et uniquement sur elle-même).

Que faire quand la tong pète ? (ou que le « petit nègre rote »). C’est facile !
Nous avons quelques solutions sous la manche : en voilà une liste (griffonnée à la hâte, veuillez nous en excuser).
– « étriper tong été » dans « grotte repeinte » (ou la « tête (de l’)ONG », si on préfère ; mais l’étripation d’une tong – acte pas très grave en soi, puisqu’elle expire, en général, à la fin de l’été – est un grand moment de soulagement, si tant est qu’elle vous ait flatulé sous les plantes pendant toute la saison. Et la grotte repeinte, c’est mieux que si elle était toute défraîchie)
– « protéger tétine » dans « entreporte gîte » (pas loin de la cuisine, en sorte)
– « éponger tirette » sous « toge interprète » (plus difficile, les interprètes ne se déplaçant plus en toge de nos jours)
– « trotter peignée » comme « Pierrette Genot »

(trouvé sur le web)

Pierrette Genot

Eloquent, non ? J’enterre mon lapin !
On trouve hélas peu d’exemples littéraires d’utilisation de cette notion, sans doute par excès de puritanisme mal placé.

Et même, pour tout dire, aucun.
Car, rappelons-le, la flatulence de la tong ressemble à un prout humain ou bovin, mais n’en est pas réellement un !
Nous faisons appel à nos lecteurs écrivains pour populariser le fruit de notre recherche dans les meilleurs délais (si c’est possible, naturellement).

©Bleufushia

6 réflexions sur “Tong(tre)pèterie (F.E.R.n°5)

  1. Virtuose, cette improvisation sur la flatulence des tongs ! (quel drôle de sujet, quand même) 🙂
    Je suis ravie de savoir que cela existe, et d’apprendre des choses que j’ignorais (je suis allée vérifier tes histoires de pétomane de l’estaque, de nom de tongs…). Ça a l’air complètement farfelu (et ça l’est), mais sur fond de connaissances vraies, et ce mélange-là est très amusant.

  2. Bon, c’est vrai que ce sont plus des anagrammes que des contrepèteries – et elles ne sont pas graveleuses, comme les contrepèteries, dans leur grande majorité, le sont, mais à ce détail près (dont je me contrefous, en plus !), j’ai bien ri.
    Et appris plein de choses.
    Y compris en cherchant sur les contrepèteries, que ce sont des lettres « qu’on pétrit » (j’ignorais – mais ce que tu fais, c’est bel et bien du pétrissage), et que la première serait religieuse – et cochonne, bien sûr (il court il court le furet)

  3. Ben, fallait s’en sortir avec ce défi ! faire un papier sur la flatulence des tongs, c’est quand même pas gagné !
    Et le résultat est documenté, et farfelu comme il se doit.
    J’aime beaucoup l’invention de la tongtrepèterie 😀

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